Selon le Coran, est-ce qu’un musulman a le droit d’adopter un chien ?

L’adoption des animaux de compagnie, y compris les chiens, fait l’objet de nombreux débats dans la communauté musulmane. Beaucoup de gens se demandent si cela est permis par les enseignements religieux islamiques. Cet article explore les aspects divers du sujet pour fournir une réponse éclairée en s’appuyant sur les sources primaires de la religion islamique : le Coran et les hadiths.

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La perception des chiens dans la culture islamique

Dans plusieurs cultures, les chiens sont considérés comme les meilleurs amis de l’homme. Toutefois, la perspective islamique diffère à certains égards.

Le chien dans le Coran

Dans le livre sacré des musulmans, le Coran, le chien est mentionné à quelques reprises, mais jamais directement en termes d’adoption. L’un des passages notables se trouve dans la sourate 18 (Al-Kahf), où il est question des compagnons de la caverne dont le chien fidèle garde l’entrée de la caverne pendant leur sommeil prolongé. Ce récit montre une image positive du rôle protecteur du chien :

  • « Et tu les aurais crus éveillés, alors qu’ils dormaient; Nous les tournions vers la droite et vers la gauche, tandis que leur chien était étendu au seuil, les pattes allongées. » (Coran 18 :18)

Les hadiths et le statut des chiens

Les hadiths, recueils de paroles et de gestes du Prophète Muhammad, fournissent davantage de détails sur la perception des chiens. Plusieurs récits soulignent l’impureté perçue du chien et son interdiction quant à la prière, car sa salive est jugée impure :

  • « Celui qui garde un chien, sauf pour garder les champs ou le bétail, verra sa récompense diminuer chaque jour d’un qirat » (Hadith Sahih Bukhari).

Aspects pratiques de la possession d’un chien pour un musulman

En dépit de la perception d’impureté, de nombreux aspects pratiques peuvent influencer la décision d’adopter un chien.

Usage spécifique et justifié

Il existe certaines exceptions permettant aux musulmans de posséder des chiens, telles que la garde et la chasse. Les chiens utilisés pour ces fonctions ne diminuent pas la récompense de leurs propriétaires :

  • Chiens de garde : pour protection des demeures et propriétés rurales.
  • Chiens de chasse : pour récupérer les gibiers lors des activités de chasse.

Relations bienveillantes avec les animaux

Malgré les restrictions, l’islam met l’accent sur le traitement humain et bienveillant des animaux. Il est interdit de maltraiter tout être vivant. Le Prophète Muhammad a enseigné qu’une femme fut punie pour avoir maltraité un chat, ce qui pourrait s’étendre au traitement des chiens également.

Conséquences religieuses de la présence d’un chien

Adopter un chien peut avoir des implications spirituelles et rituelles pour un musulman pratiquant.

Purification et prière

La principale inquiétude concerne l’impureté rituelle causée par les chiens. Leur salive est particulièrement mise en avant pour son caractère impur, nécessitant une purification spéciale appelée « tahara » si un chien lèche quelqu’un :

  • Lavage des objets touchés par la salive canines sept fois, dont une avec de la terre.
  • Réitération de l’ablution (wudu) avant toute prière si contact direct avec la salive du chien.

L’espace domestique et la prière

Il est généralement recommandé que les espaces destinés à la prière soient exempts de présences canines afin de préserver leur pureté rituelle. Certains adeptes choisissent donc de confiner leur animal à l’extérieur ou dans une partie précise de la maison.

Comparaison avec d’autres avis juridiques islamiques

Les positions concernant les chiens varient légèrement parmi les différentes écoles de pensée islamiques.

Ecole hanafite

Les hanafites permettent l’adoption de chiens principalement pour des raisons utilitaires comme la garde et la chasse. Ils insistent aussi sur le maintien de la propreté en suivant rigoureusement les règles de purification.

Ecoles malikite et chaféite

Ces écoles adoptent une approche plus stricte envers la présence de chiens et limitent fortement leur adoption à des fins spécifiques. Pour elles, éviter toute impureté corporelle et environnementale reste primordial.

Ecole hanbalite

Les hanbalites partagent une vue moins restrictive comparé aux autres écoles mais maintiennent l’observation des précautions nécessaires pour les situations où la possession de chiens est permise.

Vie rurale versus vie urbaine : implication d’adopter un chien

La localisation géographique influence aussi la faisabilité d’adopter un chien.

La campagne et les fermes

En milieu rural, la plupart des familles utilisent des chiens pour aider dans diverses tâches agricoles. Ces chiens jouent des rôles utilitaires clairs, tels que la garde des troupeaux et la sécurité contre les intrus.

Milieu urbain

Pour les musulmans vivant en ville, adopter un chien devient plus complexe en raison des espaces restreints et des contacts fréquents avec une population nombreuse. Dans ces contextes, il faut souvent justifier la possession d’un chien pour conclure à un besoin authentique et non récréatif.

Synthèse des opinions personnelles et communautaires

L’avis personnel et les discussions au sein de la communauté influencent aussi cette décision. Les conseils des érudits locaux et des proches peuvent jouer un rôle crucial dans la prise de décision finale.

Expériences personnelles

Beaucoup de musulmans ayant adopté des chiens partagent souvent leurs expériences positives. Ils abordent des sujets comme l’attachement émotionnel, les bénéfices pour la santé mentale et physique, ainsi que les procédures quotidiennes pour maintenir la conformité rituelle.

Conseils de la communauté et des savants

Des forums communautaires, des fatwas (décisions juridiques islamiques) et des conférences religieuses offrent diverses perspectives et donnent des directives utiles adaptées aux circonstances individuelles.

En conclusion, il existe de nombreuses opinions divergentes sur l’adoption d’un chien par un musulman. La complexité du sujet nécessite souvent une exploration attentive des textes religieux, des avis des savants et des besoins quotidiens. En fin de compte, la décision repose sur un équilibre entre spiritualité, fonction utilitaire et respect envers tous les êtres vivants.